Débuter avec GIT : le guide pas à pas

Versionner son code sans perdre le fil des modifications est devenu une pratique incontournable. GIT s’impose comme l’outil de référence pour suivre l’historique d’un projet, créer des branches de travail et coordonner les contributions avec précision. Débuter avec GIT, c’est entrer dans une logique de gestion claire, structurée et fiable des fichiers et des évolutions du code.

Comprendre à quoi sert git et pourquoi il est devenu incontournable

Git sert à suivre l’évolution d’un projet fichier par fichier.

C’est un système de contrôle de version distribué, ce qui signifie que chaque copie locale contient tout l’historique. À chaque étape importante, on enregistre un instantané du projet, appelé commit. On peut ainsi revoir ce qui a changé, revenir à un état antérieur, comparer deux versions et documenter les décisions prises au fil du travail.

Son adoption explique pourquoi il est devenu un réflexe dans le développement. En 2023, il était utilisé par plus de 100 millions de développeurs, concernait environ 87 % des développeurs et équipait plus de 90 % des entreprises du Fortune 100. Il s’est imposé comme standard de fait, d’autant qu’il s’intègre très bien aux chaînes de test et de déploiement automatisés, souvent regroupées sous le terme CI/CD.

Pour une personne seule, Git aide à garder un projet propre, à tester sans crainte et à retrouver une version stable. En équipe, il rend la collaboration beaucoup plus fiable. Maîtriser Git améliore donc à la fois l’organisation, la productivité et la préparation à un environnement professionnel.

Installer git et faire la configuration de départ

L’installation de Git est très simple quel que soit le système.

Windows, macOS ou Linux, vous trouverez les paquets et la documentation nécessaires sur la page du site officiel git-scm.com dédiée à Git. Notez que Git est peut-être déjà installé sur votre machine si vous utilisez une distribution Linux ou macOS avec les outils de développement Apple. Avant d’installer quoi que ce soit, vérifiez-le en lançant simplement git --version dans un terminal.

La première chose utile à faire une fois que vous avez Git, c’est de configurer votre identité. Git s’en sert pour signer vos commits avec votre nom et votre adresse e-mail. On renseigne ces informations respectivement avec les commandes git config --global user.name et git config --global user.email. L’option --global indique qu’on veut appliquer ce réglage à tous nos projets sur cette machine.

Cette configuration de départ peut également comprendre quelques préférences comme l’éditeur de texte par défaut ou la branche initiale.

Mais l’essentiel pour commencer reste d’avoir une installation qui fonctionne et une identité bien définie, de sorte que chaque modification que vous enregistrez soit bien attribuée.

Débuter avec GIT : le guide pas à pas

Créer son premier dépôt et enregistrer ses premières modifications

Ce qu’on appelle un dépôt Git est le dossier dans lequel Git va suivre l’historique d’un projet.

Pour créer un dépôt, il suffit de se rendre dans le dossier visé et de lancer la commande git init. Git va y créer un sous-dossier caché qui contiendra toutes les informations nécessaires au suivi de l’historique.

Dès lors, on pourra commencer à observer, sélectionner et enregistrer les fichiers du projet un à un.

La commande git add permet de préparer les changements qui seront pris en compte lors du prochain commit. Il ne s’agit cependant pas encore de sauvegarder définitivement son travail : on est dans une zone de préparation. On peut ajouter un fichier particulier, plusieurs fichiers ou tout le dossier. Cela permet de choisir précisément ce que l’on veut valider à un instant donné.

Quand on a terminé cette étape, git commit -m "message" crée un nouveau point dans l’historique. Il faut alors prendre soin d’écrire un message qui résume clairement l’intention derrière la modification. En pratique rapidement, le cycle de base devient intuitif : on modifie, on ajoute et ensuite on commit. C’est l’action fondamentale sur laquelle repose tout le reste de l’usage de Git.

Travailler avec l’historique, les statuts et le fichier .gitignore

Git suit l’état des fichiers avec plusieurs statuts simples à comprendre.

Un fichier peut être non suivi s’il vient d’être créé, modifié s’il a changé depuis le dernier commit, mis en scène s’il a été ajouté avec git add, puis engagé une fois inclus dans un commit. La commande git status donne une vue claire de cette situation à tout moment.

Pour relire l’évolution du projet, git log affiche l’historique des commits, avec leur auteur, leur date et leur message. Si vous voulez examiner précisément le contenu d’un commit, git show permet de voir les différences introduites. Ces commandes sont précieuses pour comprendre un projet, retrouver une décision ou analyser l’origine d’un changement.

Le fichier .gitignore évite d’encombrer le dépôt avec des éléments inutiles. On y indique les fichiers ou dossiers que Git doit ignorer, comme des fichiers temporaires, des dépendances installées automatiquement ou des secrets locaux. Bien utilisé, il rend l’historique plus propre et limite les erreurs de suivi dès les premières étapes du projet.

Tester, corriger et fusionner sans risques grâce aux branches

Les branches vous permettent de mener plusieurs « expérimentations » en parallèle, sans avoir à tout mélanger immédiatement.

Vous pouvez garder une branche principale (généralement la branche main) stabilisée, puis créer une branche secondaire pour développer une nouvelle fonctionnalité, corriger un bogue ou tout simplement tester une nouvelle idée. En isolant les choses, les branches minimisent les risques  : tant que vous ne les fusionnez pas, vos essais restent des essais.

Créer ou changer de branche est aussi simple que d’exécuter des commandes comme git branch , git checkout ou, plus récemment, git switch . Le principe est le suivant  : chaque branche a sa propre série de commits. Quand vous avez terminé votre travail, vous pouvez utiliser git merge pour intégrer ces changements dans une autre branche (en général, la principale).

Parfois, Git se retrouve confronté à un conflit de fusion  : les mêmes lignes ont été modifiées aux deux endroits où il recherche des changements. Il vous propose alors plusieurs versions à combiner manuellement ou à choisir. Vous validez ensuite le résultat. C’est simplement une autre facette du travail normal  : les branches ne sont pas seulement utiles pour organiser votre code ; elles rendent aussi les corrections plus sûres et plus lisibles.

De l’utilisation de git en solo à un travail d’équipe sur github ou gitlab

Si Git fonctionne à merveille tout seul sur votre PC, il ne saura pas suffire à lui tout seul pour mettre facilement votre projet sur Internet.

C’est là qu’entrent en jeu des plateformes comme github ou gitlab. Git est le logiciel de versionnage à distance et local; ces services rajoutent l’hébergement à distance, l’interface web, la gestion des accès et les fonctions de collaboration.

Concrètement, vous pouvez relier votre dépôt local à un dépôt distant et synchroniser les deux avec git push pour envoyer vos commits et git pull pour récupérer ceux des autres. Cette mécanique va permettre à plusieurs personnes de travailler sur un même projet sans se passer les fichiers à la main. Elle est aussi au coeur de la majorité des projets open source.

Dans une logique d’équipe, on va généralement utiliser une branche par fonctionnalité, puis des demandes de fusions (pull requests ou merge requests selon la plateforme). Celles-ci permettent de relire le code, discuter des choix techniques et intégrer les modifications apportées par une branche dans la branche principale (généralement master). Git devient alors le support d’une collaboration et pas seulement le journal d’un historique personnel.

Les bonnes pratiques, pour progresser rapidement avec git

C’est en connaissant les commandes importantes et en comprenant leur place dans le flux quotidien que l’on progresse le plus rapidement.

git status, pour se repérer, git add, pour préparer, git commit, pour enregistrer, git branch, pour organiser, git switch/git checkout, pour déplacer le travail, git merge, pour rassembler,git pull, pour synchroniser etgit push,pour publier. Il y a également des commandes à connaître pour annuler une erreur ou corriger un envoi maladroit.

C’est dès le début que les bonnes pratiques font gagner du temps. Relire de petits commits cohérents est plus facile. Avoir un message explicite sur ce qui a été fait et pourquoi est précieux. Ranger son projet correctement, soigner son.gitignore ou taguer des versions importantes rend son historique bien plus exploitable. En équipe, les revues de code et pull requests rendent tout le monde meilleur dans la qualité du code proposé mais également sa compréhension.

Afin de mieux structurer votre travail avec Git et d’éviter les erreurs les plus fréquentes, voici quelques astuces à appliquer au quotidien :

  • Commettre souvent : réalisez des commits fréquents pour sauvegarder vos modifications et conserver un historique de votre travail.
  • Utiliser des branches : utilisez des branches pour chaque fonctionnalité ou correction, ce qui facilite le suivi et les tests.
  • Des messages de commit explicites : indiquez en quelques mots ce que vous avez modifié et pourquoi, cela sera utile lors des revues ou si vous devez revenir en arrière.
  • Mettez à jour votre branche locale avant de commencer votre travail : utilisez git pull pour rapatrier les dernières modifications du dépôt central.
  • Mettez-vous d’accord avec votre équipe pour éviter les conflits : mettez-vous d’accord régulièrement et résolvez les conflits au plus vite lorsqu’ils apparaissent.
  • Nettoyez l’historique avec parcimonie : utilisez rebase et autres outils de nettoyage d’historique uniquement si vous êtes sûr de savoir ce que vous faites.
  • Sauvegardez temporairement vos modifications en cours : grâce au stash, vous pouvez sauvegarder vos modifications incomplètes sans devoir committer.
  • Retrouvez une version bugguée via git bisect :
  • Identifiez qui a modifié quoi grâce à la commande git blame, idéal pour poser des questions ou comprendre l’historique de votre code.

Avec l’expérience, ces réflexes viennent naturellement et vous serez plus efficace. Gardez à l’esprit que Git est un outil fantastique mais qui s’apprivoise un peu, alors ne doutez pas si vous ne maîtrisez pas tout immédiatement. La pratique régulière sur différents projets, alliée à une bonne documentation et au soutien des nombreuses communautés Git, vous affranchira rapidement et sereinement !